En partenariat avec Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI) et le Ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), SANEXEN réalise depuis 2013 un projet d’envergure visant la conception, la construction, l’exploitation et l’entretien d’un système de pompage et de traitement des eaux souterraines des terrains situés entre les autoroutes 15 et Bonaventure (sections 2 et 12), en bordure du fleuve Saint-Laurent à Montréal.
Historiquement, ce secteur a été utilisé comme lieu d’élimination entre 1879 et 1980. D’importantes quantités de matières résiduelles provenant de sources diverses (domestiques, industrielles, matériaux de construction, etc.) y ont été enfouies. En conséquence, certaines eaux souterraines peuvent contenir des contaminants susceptibles d’affecter la qualité de l’eau et les écosystèmes aquatiques lors de leur résurgence naturelle vers le fleuve.
Le projet vise donc à intercepter ces eaux avant qu’elles n’atteignent le milieu récepteur, à les traiter adéquatement et à assurer un confinement hydraulique durable.
Par cette initiative structurante, SANEXEN et ses partenaires contribuent activement à la préservation des milieux aquatiques et à la gestion responsable des passifs environnementaux urbains.



- Objectifs du projet
L’objectif principal consiste à mettre en place une barrière hydraulique efficace afin de contrôler l’écoulement des eaux souterraines et d’empêcher leur migration vers le fleuve. Les eaux captées sont ensuite dirigées vers un système de traitement conçu pour répondre à des exigences strictes de performance environnementale.
Deux axes guident le projet :
- Assurer le confinement hydraulique en maintenant un rabattement contrôlé de la nappe phréatique.
- Garantir la qualité de l’eau rejetée en respectant les critères applicables grâce à un traitement adapté aux contaminants présents.
- Méthodes de confinement
Le confinement repose sur une barrière hydraulique composée de 31 puits de pompage, répartis sur environ 1,2 kilomètre. Ce dispositif crée une zone de captage continue qui intercepte les eaux souterraines avant leur résurgence vers le fleuve.
La performance du confinement est vérifiée au moyen d’un réseau de 67 puits d’observation instrumentés, permettant un suivi piézométrique en continu. Les données recueillies servent à confirmer l’efficacité du rabattement et à ajuster l’exploitation du système au besoin. Cette approche combine ingénierie hydraulique, instrumentation et gestion adaptative.
- Procédé de traitement
Les eaux pompées sont acheminées vers une unité de traitement comprenant plusieurs étapes complémentaires :
- Système d’oxydation, visant la transformation de certains composés dissous ;
- Filtres à sable, pour l’élimination des particules en suspension ;
- Système de gestion des boues ;
- Filtres à manchon ;
- Filtre d’UltrasorptionMD ;
- Filtre à charbon activé en grains (CAG) ;
- Filtres à zéolite ;
- Traitement biologique de type MBBR (Moving Bed Biofilm Reactor) permettant l’enlèvement de l’azote ammoniacal par nitrification.
Le procédé biologique constitue un élément central du système. Il favorise la conversion de l’ammoniac en nitrates grâce à l’action de micro-organismes fixés sur des supports mobiles. Les opérations sont appuyées par des automates industriels et un système d’acquisition de données assurant un suivi continu des paramètres d’exploitation et de performance.
- Performance et résultats
Depuis sa mise en service, le système traite en moyenne environ 300 m³ d’eau par jour. Au total, plus de 800 000 m³ d’eau ont été traités depuis 2017, soit l’équivalent d’environ 320 piscines olympiques.
Ce volume illustre concrètement l’ampleur des efforts déployés pour protéger le fleuve Saint-Laurent et assurer un confinement efficace des eaux souterraines. Au-delà des volumes traités, la performance environnementale du système se distingue par sa constance et sa robustesse :
- Efficacité moyenne de nitrification d’environ 99,6 % au cours des cinq dernières années ;
- Concentrations d’azote ammoniacal dans l’eau traitée atteignant régulièrement des valeurs
sous lesinférieures aux limites de détection du laboratoire.
Ces résultats témoignent d’un procédé maîtrisé, stable et optimisé en continu. Ils reflètent également l’expertise technique mobilisée par l’équipe de projet ainsi que la fiabilité des infrastructures mises en place.
Par sa performance durable et mesurable, le système contribue activement à la protection des écosystèmes aquatiques du fleuve Saint-Laurent, tout en démontrant l’efficacité d’une approche intégrée combinant le confinement hydraulique, le traitement avancé et le suivi en temps réel.
- Quelques chiffres clés
- 31 puits de pompage
- 67 puits d’observation
- 1,2 km de barrière hydraulique
- 300 m³/j traités en moyenne
- Plus de 800 000 m³ traités depuis 2013
- 99,6 % d’efficacité moyenne de nitrification
- Durée et portée du projet
Le projet s’inscrit dans un horizon à long terme, couvrant la période de 2013 à 2031. Il comprend la conception initiale, la construction des infrastructures, ainsi que l’exploitation, l’entretien et l’optimisation continue du système.
Cette démarche illustre une approche intégrée de gestion environnementale combinant expertise en hydrogéologie, ingénierie du traitement des eaux et suivi opérationnel rigoureux.
- Une mobilisation d’expertise
Le succès du projet repose sur une équipe multidisciplinaire composée de spécialistes en ingénierie, hydrogéologie, exploitation, santé et sécurité et soutien technique. Cette collaboration permet d’assurer la performance du système, la conformité réglementaire et la protection durable du fleuve Saint-Laurent.

