PFAS : une technologie concrète pour mieux traiter les eaux contaminées

À Rosemount, une unité de traitement à grande échelle a déjà pris en charge plus de 76 millions de litres de lixiviat.

15 septembre 2026

À Rosemount, une unité de traitement à grande échelle a déjà pris en charge plus de 76 millions de litres de lixiviat.

Traiter les PFAS grâce aux propriétés naturelles des bulles d’air

Les PFAS forment une vaste famille de substances chimiques que l’on peut retrouver dans différents types d’eaux contaminées. Leur présence dans les lixiviats — les eaux qui ont traversé les déchets d’un site d’enfouissement — représente un défi particulier, en raison de leur composition complexe et de leurs charges élevées en contaminants de toutes sortes.

Pour répondre à cet enjeu, SANEXEN a développé la technologie ALTRA, une solution de traitement fondée sur le fractionnement par mousse. Après plusieurs années de recherche, d’essais en laboratoire et de projets pilotes sur le terrain, cette technologie est aujourd’hui exploitée à grande échelle.

Comment fonctionne le fractionnement par mousse?

Le procédé utilise une propriété particulière des PFAS : ces molécules ont tendance à s’accumuler à la surface de l’eau et des bulles d’air.

De fines bulles sont injectées au bas d’une colonne d’eau. En remontant, elles captent une partie des PFAS et les transportent vers la surface, où une mousse concentrée se forme. Cette mousse est ensuite retirée, ce qui permet de séparer les contaminants d’un volume d’eau beaucoup plus important.

Il est important de préciser que cette étape ne détruit pas les PFAS. Elle les concentre dans un faible volume de liquide, qui peut ensuite être pris en charge au moyen d’une méthode adaptée, notamment un traitement thermique, un procédé d’oxydation, une encapsulation ou une filière spécialisée d’élimination.

Plus de 76 millions de litres traités

Une unité ALTRA est en activité depuis le début de 2024 sur le site d’enfouissement de Rosemount, au Minnesota. Conçue pour fonctionner en continu, elle possède une capacité d’environ 273 000 litres par jour.

En près de deux ans, plus de 76 millions de litres de lixiviat ont été traités. Les données recueillies montrent que le fractionnement par mousse est particulièrement efficace pour retirer les PFAS à chaîne longue : les taux de retrait observés se situent généralement entre 85 % et 95 % et peuvent, dans certaines conditions, dépasser 99 %.

Les PFAS à chaîne courte demeurent toutefois plus difficiles à capter. Ils représentent de 50 % à 80 % des PFAS détectés dans certains lixiviats. Des travaux d’optimisation sont donc en cours afin d’améliorer davantage leur traitement.

Une solution adaptée à chaque site

L’expérience acquise confirme qu’il n’existe pas de solution universelle. La composition du lixiviat, son acidité, son alcalinité et la nature des PFAS présents peuvent influencer la formation de la mousse et la performance du procédé.

C’est pourquoi chaque projet commence par une caractérisation approfondie de l’eau. Des essais en laboratoire permettent d’évaluer la faisabilité du traitement, puis une unité pilote peut être installée sur le terrain. Cette étape sert à confirmer les performances dans les conditions réelles du site et à ajuster les paramètres avant le déploiement d’une unité commerciale.

Le laboratoire de recherche de SANEXEN réalise environ 2 000 analyses de PFAS par année afin de soutenir ces études et d’améliorer continuellement les procédés.

Une technologie conçue pour les conditions réelles

Les unités ALTRA sont modulaires, automatisées et conçues pour un traitement continu. Leur configuration facilite l’installation, l’entretien et la surveillance des opérations. Elles sont également isolées et chauffées afin de pouvoir fonctionner dans des conditions hivernales.

La réduction des PFAS dans l’eau constitue une première étape essentielle. En combinant la concentration par mousse à des solutions complémentaires de traitement et de gestion des résidus, il devient possible de mettre en place une approche complète, adaptée aux caractéristiques de chaque site.

Cette avancée illustre comment la recherche, les essais sur le terrain et l’ingénierie peuvent transformer un défi environnemental complexe en solution concrète.